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« Hospice des Enfants-Rouges » : différence entre les versions

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{{Voir homonymes|Enfants-Rouges}}
L''''Hospice des Enfants-rouges''' ou '''hôpital des Enfants-Rouges''' était un lieu de soin destinés aux enfants malades fondé à [[Paris]] (dans l'actuel [[3e arrondissement de Paris|{{3e}}arrondissement]]) au {{s|XVI}}. Il devint une [[caserne (militaire)|caserne]] en 1808. Il a donné son nom à un [[quartier administratif de Paris|quartier administratif]] : le [[quartier des Enfants-Rouges]].
{{Infobox Monument}}
L'ancien '''hospice des Enfants-Rouges''' ou '''hôpital des Enfants-Rouges''' est, lors de sa fondation dans le deuxième tiers du {{s-|XVI}}, le premier établissement spécialement et exclusivement destiné à l'accueil des [[Enfants-Trouvés|enfants trouvés]] à [[Paris]]. Il devint une [[caserne (militaire)|caserne]] en 1808. Il a donné son nom au [[quartier administratif de Paris|quartier administratif]] dit [[quartier des Enfants-Rouges|des Enfants-Rouges]] dans le [[3e arrondissement de Paris|{{3e|arrondissement}}]], où il était situé à l'actuelle intersection de la [[rue Portefoin]] avec la [[rue des Archives (Paris)|rue des Archives]].


== Situation ==
== Situation ==
L'emplacement de l'hôpital des Enfants-Rouges correspond au {{Numéro|90}} [[Rue des Archives (Paris)|rue des Archives]], où le contour du chevet de la chapelle de l'hôpital est visible, et au tronçon de la rue des Archives qui n'était pas encore percée entre la [[rue Portefoin]] et la rue des Archives. Les bâtiments du 85 rue des Archives sont également des vestiges de l'ancien hospice.


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L'emplacement de l'hôpital des Enfants-Rouges correspond au {{Numéro|90}} [[rue des Archives]] où il reste quelques vestiges de la chapelle de l'hôpital.
Fichier:Hospice des Enfants rouges en 1615.png|{{center|Hospice des Enfants rouges sur le [[plan de Mérian]] en 1615.}}
Fichier:Enfants rouges plaque dans la cour du 90 rue des Archives.jpg|{{center|Enfants rouges plaque dans la cour du 90 rue des Archives.}}
Fichier:Rue des Archives 90 ancienne chapelle des Enfants rouges.jpg|{{center|Ancienne chapelle des Enfants-Rouges, 90 rue des Archives.}}


Fichier:Rue des Archives angle rue Portefoin.jpg|{{center|Vestiges de l'hospice, 85 rue des Archives.}}
==Historique==
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L'[[Hôtel-Dieu de Paris]] accueillait, au {{s-|XVI|e}}, les malades y compris les enfants. Malheureusement ces derniers mourraient prématurément du fait du manque de nourriture et de soins appropriés. La proximité avec les autres malades et le manque d'hygiène de l'époque répandaient les maladies contagieuses et aggravaient la mortalité infantile.


==Historique==
[[Marguerite de Navarre (1492-1549)|Marguerite de Navarre]], qui entretenait une correspondance importante, de 1521 à 1524, avec [[Guillaume Briçonnet (1470-1534)|Guillaume Briçonnet]] (1470-1533), [[Liste des évêques de Meaux|évêque de Meaux]]<ref>[http://gw.geneanet.org/danieldlr_w Généalogie de la famille de la Rivière] sur Geneanet.org</ref>, choisit le frère de ce dernier, [[Jean Briçonnet]], second président de la [[Chambre des comptes|chambre des comptes de Paris]], pour mener à bien une prise en charge mieux adapté à ces pauvres enfants<ref name="ReferenceA">Guy Bretonneau, ''Histoire généalogique de la maison des Briçonnets'', 1620, {{p.|42}} {{lire en ligne|url=https://books.google.fr/books?id=DKWStOYjGFAC&lpg=PA17&ots=Rea_cccdIG&dq=Histoire%20g%C3%A9n%C3%A9alogique%20de%20la%20maison%20des%20Bri%C3%A7onnets.%20Guy%20Bretonneau&hl=fr&pg=PA42e#v=onepage&q=Histoire%20g%C3%A9n%C3%A9alogique%20de%20la%20maison%20des%20Bri%C3%A7onnets.%20Guy%20Bretonneau&f=false}}</ref>.
L'[[Hôtel-Dieu de Paris]] accueillait, au {{s-|XVI}}, les malades y compris les enfants. Malheureusement ces derniers prématurément du fait du manque de nourriture et de soins appropriés. La proximité avec les autres malades et le manque d'hygiène de l'époque répandaient les maladies contagieuses et aggravaient la mortalité infantile.
À la demande de Marguerite, le roi octroya par [[lettres patentes|lettre patente]], la somme de trois mille six cents [[livre tournois|livres tournois]] à ce projet, le 31 janvier 1534<ref name="ReferenceA"/>.


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Le 24 juillet 1535, le président Jean Briçonnet, sur proposition de [[Simon Machaut]] et [[Denis Picot]], auditeurs en la chambre des comptes, acheta une maison pour les enfants, disposant d'une cour et d'un jardin, pour la somme de mille deux cents livres tournois. Le reste de la somme fut utilisée pour des réparations, meubles et nourriture<ref name="ReferenceA"/>.
À la demande de Marguerite, le roi octroya par [[lettres patentes|lettre patente]], la somme de trois mille six cents [[livre tournois|livres tournois]] à ce projet, le 31 janvier 1534<ref name="ReferenceA"/>.


Le 24 juillet 1535, le président Jean Briçonnet, sur proposition de [[Simon Machaut]] et [[Denis Picot]], auditeurs en la chambre des comptes, acheta une maison pour les enfants, disposant d'une cour et d'un jardin, pour la somme de mille deux cents livres tournois. Le reste de la somme fut pour des réparations, meubles et nourriture<ref name="ReferenceA"/>.
Les enfants de cet établissement étaient vêtus de vêtements rouges et prirent le nom "d'enfants-rouges"<ref name="ReferenceA"/>.


Contrairement à ce que rapporte une légende parfois imprimée, les orphelins de cet établissement n'étaient pas vêtus de rouge – la teinture [[carmin]] à base de [[Kermes vermilio|cochenilles]] étant hors de prix – mais prirent le nom "d'enfants-rouges" parce qu'ils avaient en commun d'avoir tué leur mère en couche. Ils étaient donc séparés des "enfants bleus" recueillis dans l'autre hospice où vivaient des enfants abandonnés et retrouvés souvent cyanosés par le froid.
Après sa fusion avec l'[[hôpital des Enfants-Trouvés]] en 1772, l'hôpital des Enfants-Rouges fut supprimé. Les locaux furent alors utilisés comme couvent par les [[prêtres de la doctrine chrétienne]] qui fut fermé en 1790.<br />

La plus grande partie fut démolie en 1800 afin de permettre sur cet emplacement l'ouverture de la rue Molay. La partie restante, située aux angles des [[rue de la Corderie|rues de la Corderie]] ({{Numéro|11}}) et [[Rue des Enfants-Rouges|des Enfants-Rouges]], fut transformée, en 1808, et devint la [[Liste des casernes de Paris|caserne des Enfants-Rouges]].
Après sa fusion avec l'[[hôpital des Enfants-Trouvés]] en 1772, l'hôpital des Enfants-Rouges fut supprimé. Les locaux furent alors par les [[prêtres de la doctrine chrétienne]] .
Après fermeture de la communauté en 1790, les bâtiments sont vendus en 1795 et 1796 avec obligation de percer une rue dans le prolongement de la [[Rue du Chaume|rue des]] [[Rue des Enfants-Rouges|enfants rouges]] de la [[rue Portefoin]] à la rue de la [[rue de la Corderie]], actuelle [[Rue de Bretagne (Paris)|rue de Bretagne]]. Cette rue ouverte en 1800 sous le nom de rue Molay fut intégrée à la [[Rue des Archives (Paris)|rue des Archives]] en 1874.


== Chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges ==
== Chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges ==
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Une chapelle avait été construite et un vitrail du chœur représentait les armoiries des [[Briçonnet]] et des [[Raguier]] (famille de son épouse)<ref name="ReferenceA"/>.
Une chapelle avait été construite et un vitrail du chœur représentait les armoiries des [[Briçonnet]] et des [[Raguier]] (famille de son épouse)<ref name="ReferenceA"/>.


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Les vestiges de la chapelle, au {{numéro|90}} de la [[rue des Archives]], sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 24 mars 1925<ref>{{Mérimée|PA00086106|Vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges}}</ref>.
Les vestiges de la chapelle, au {{numéro|90}} de la [[rue des Archives]], sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 24 mars 1925<ref>{{Mérimée|PA00086106|Vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges}}</ref>.


== Notes et références ==
== Notes et références ==
{{Références}}
{{Références}}


== Bibliographie ==
== ==
=== Bibliographie ===
* Isabelle Robin-Romero, ''Les orphelins de Paris: enfants et assistance aux XVIe-XVIIIe siècles'', Presses Paris Sorbonne, 2007
* {{ouvrage|auteur1=Isabelle Robin-Romero|préface=[[Jean-Pierre Bardet]]|titre=Les orphelins de Paris|sous-titre=Enfants et assistance aux {{sp-|XVI|-|XVIII|s}}|nature ouvrage=texte remanié de ''Les établissements pour orphelins à Paris, {{sp-|XVI|-|XVIII|s}}'', thèse de doctorat en histoire à [[Université Paris-Sorbonne|Paris 4]], 1997, 618{{nb p.}} <small class="plainlinks noarchive">({{abrd|NNT|Numéro national de thèse}} [https://www.theses.fr/1997PA040201 1997PA040201])</small> {{SUDOC|049635034}}|lieu=Paris|éditeur=[[Presses de l'université Paris-Sorbonne]]|collection=Collection Roland Mousnier|numéro dans collection=33|année=2007|pages totales=277|isbn= 978-2-84050-512-9}}.
=== Liens externes ===
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[[Catégorie:Hôpital détruit à Paris|Enfants-Rouges]]
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[[Catégorie:Monument historique dans le 3e arrondissement de Paris]]
[[Catégorie:Monument historique dans le 3e arrondissement de Paris]]
[[Catégorie:Bâtiment détruit à Paris]]
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Dernière version du 2 avril 2026 à 16:21

Hospice des Enfants-Rouges
Présentation
Type
Patrimonialité
État de conservation
démoli ou détruitVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Adresse
Coordonnées
Carte

L'ancien hospice des Enfants-Rouges ou hôpital des Enfants-Rouges est, lors de sa fondation dans le deuxième tiers du XVIe siècle, le premier établissement spécialement et exclusivement destiné à l'accueil des enfants trouvés à Paris. Il devint une caserne en 1808. Il a donné son nom au quartier administratif dit des Enfants-Rouges dans le 3e arrondissement, où il était situé à l'actuelle intersection de la rue Portefoin avec la rue des Archives.

Situation et vestiges

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L'emplacement de l'hôpital des Enfants-Rouges correspond au no 90 rue des Archives, où le contour du chevet de la chapelle de l'hôpital est visible, et au tronçon de la rue des Archives qui n'était pas encore percée entre la rue Portefoin et la rue des Archives. Les bâtiments du 85 rue des Archives sont également des vestiges de l'ancien hospice.

L'Hôtel-Dieu de Paris accueillait, au XVIe siècle, les malades y compris les enfants. Malheureusement ces derniers mouraient prématurément du fait du manque de nourriture et de soins appropriés. La proximité avec les autres malades et le manque d'hygiène de l'époque répandaient les maladies contagieuses et aggravaient la mortalité infantile.

Marguerite de Navarre, qui entretenait une correspondance importante, de 1521 à 1524, avec Guillaume Briçonnet (1470-1533), évêque de Meaux[1], choisit le frère de ce dernier, Jean Briçonnet, second président de la chambre des comptes de Paris, pour mener à bien une prise en charge mieux adapté à ces pauvres enfants[2]. À la demande de Marguerite, le roi octroya par lettre patente, la somme de trois mille six cents livres tournois à ce projet, le [2].

Le , le président Jean Briçonnet, sur proposition de Simon Machaut et Denis Picot, auditeurs en la chambre des comptes, acheta une maison pour les enfants, disposant d'une cour et d'un jardin, pour la somme de mille deux cents livres tournois. Le reste de la somme fut utilisé pour des réparations, meubles et nourriture[2].

Contrairement à ce que rapporte une légende parfois imprimée, les orphelins de cet établissement n'étaient pas vêtus de rouge – la teinture carmin à base de cochenilles étant hors de prix – mais prirent le nom "d'enfants-rouges" parce qu'ils avaient en commun d'avoir tué leur mère en couche. Ils étaient donc séparés des "enfants bleus" recueillis dans l'autre hospice où vivaient des enfants abandonnés et retrouvés souvent cyanosés par le froid.

Après sa fusion avec l'hôpital des Enfants-Trouvés en 1772, l'hôpital des Enfants-Rouges fut supprimé. Les locaux furent alors achetés par les prêtres de la doctrine chrétienne le . Après fermeture de la communauté en 1790, les bâtiments sont vendus en 1795 et 1796 avec obligation de percer une rue dans le prolongement de la rue des enfants rouges de la rue Portefoin à la rue de la rue de la Corderie, actuelle rue de Bretagne. Cette rue ouverte en 1800 sous le nom de rue Molay fut intégrée à la rue des Archives en 1874.

Chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges

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Une chapelle avait été construite et un vitrail du chœur représentait les armoiries des Briçonnet et des Raguier (famille de son épouse)[2].

Pendant la Révolution française, la section de l'Homme-Armé se réunissait dans la chapelle.[réf. nécessaire]

Les vestiges de la chapelle, au no 90 de la rue des Archives, sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le [3].

Notes et références

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  1. « Famille de la Rivière », sur Geneanet.
  2. a b c et d Guy Bretonneau, Histoire généalogique de la maison des Briçonnets, 1620, p. 42 [lire en ligne].
  3. « Vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Julien-des-Enfants-Rouges », notice no PA00086106, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Bibliographie

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Liens externes

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