Le mois de septembre s’élance, et avec lui la rentrée scolaire, les cartables chargés de trésors studieux et l’envie de ressortir ses cardigans et jupes plissées. À mesure que les rues se peuplent à nouveau de parents pressés et de futur·es élèves heureux ou anxieux à l’idée de retourner à l’école, la nostalgie de nos années d’études refait surface. À suivre, une sélection des films – plus ou moins cultes – qui nous ramènent sur les bancs de l’école et nous épargnent le blues du retour de vacances.
Grease de Randal Kleiser (1978)
C’est la rentrée au lycée de Rydell ! Après un amour d’été passionnel, Sandy Olsson (Olivia Newton-John) et Danny Zuko (John Travolta) se retrouvent de manière fortuite dans la même école. Les garçons ont les cheveux gominés et portent des blousons en cuir, les filles se promènent en groupe, affublées de leur veste iconique Pink Ladies, et les deux tourtereaux jouent au chat et à la souris, tiraillés entre les codes en vigueur et leurs sentiments. Tous les éléments importants de la vie d’un adolescent s’y retrouvent : démarrage de la saison de football américain, bal de promotion, course de voitures, soirées entre filles, entre garçons, au fast-food ou au drive-in, le tout rythmé par des mélodies mythiques, devenues aujourd'hui de véritables hymnes à l’adolescence. Autant d’éléments qui font de Grease un bon teen-movie sur la rentrée scolaire, et un classique qui inspire toutes les générations à venir.
L’Étudiante de Claude Pinoteau (1988)
Qui n’a pas rêvé de transformer son examen en déclaration d’amour après avoir entendu le discours de Sophie Marceau en jeune candidate à l’agrégation de lettres classiques ? Après le succès populaire de La Boum, la jeune Française, alors âgée de 22 ans, retrouve le réalisateur Claude Pinoteau dans L’Étudiante, où la comédienne quitte les bancs du lycée Henri IV pour ceux de la Sorbonne. Elle y incarne une nouvelle héroïne tout aussi attachante, Valentine Ezquerra, une étudiante en pleine préparation de son concours et enseignante dans une boîte à bac qui tombe sous le charme d’Édouard Jansen (interprété par un jeune Vincent Lindon), un musicien et compositeur qui vit la nuit. Ou la difficulté de concilier vie professionnelle et amour naissant… Une romance inoubliable, autant que sa protagoniste, qui nous fait un peu plus aimer l’odeur des feuilles et des cartables.
Clueless d’Amy Heckerling (1995)
Parce que Cher Horowitz (interprétée par Alicia Silverstone) a fasciné toutes les adolescentes de l’année 1995 et que son programme informatique pour sélectionner ses tenues – on remercie à ce titre le travail remarquable de la cheffe costumière Mona May, qui a composé un vestiaire iconique fait d’uniformes à carreaux jaune et bleu marine et de petites robes à bretelles spaghetti – était le rêve de toutes ces jeunes filles à l’époque, Clueless nous livre une héroïne ultra-riche à la vie douce et dorée, terriblement attachante. Un teen-movie culte, qui nous propulse dans les couloirs et sur les terrains de sport de Bronson Alcott, célèbre lycée de Beverly Hills.
Rushmore de Wes Anderson (1998)
Dans ce film, le second du génial Wes Anderson après Bottle Rocket (1994), on suit les mésaventures de Max Fischer (interprété par Jason Schwartzman, qui tient ici son tout premier rôle au cinéma), élève de la Rushmore Academy. Adolescent excentrique, génie fougueux et brouillon, Max ne peut fournir qu’un minimum d’efforts à ses études et s’est résigné à devenir l’un des pires cancres de son établissement. En dépit de ses échecs scolaires et des admonestations répétées de son directeur, l’école privée de Rushmore n’en reste pas moins à ses yeux un paradis et un sanctuaire idéal pour exercer en toute liberté son inlassable créativité.
College Attitude de Raja Gosnell (1999)
Drew Barrymore est Josie Geller, 25 ans, la plus jeune rédactrice du Chicago Sun-Times. Pour les besoins d’un reportage, elle est missionnée pour intégrer le South Glen High School afin d’y pratiquer une enquête sociologique sur les États-Unis et les coutumes des nouvelles générations de lycéens. Si la vie semble offrir à Josie une deuxième chance d’être enfin populaire au lycée, elle qui a passé sa scolarité à être la risée de ses camarades, le film College Attitude (Never Been Kissed, en anglais) donne néanmoins matière à réflexion à ceux qui n’ont pas vécu ces années comme les meilleures de leur vie. Et si on y retournait maintenant, avec notre maturité d’adulte, comment se comporterait-on ? Est-il seulement enviable d’y retourner ? La rom-com opère un retour dans le passé plus acerbe que mélancolique, faisant d’elle un film culte malgré des critiques plutôt mitigées à sa sortie en 1999.
But I’m a Cheerleader de Jamie Babbit (1999)
Megan est une adolescente typiquement américaine qui aime le cheerleading et sort avec le capitaine de l’équipe de foot de son lycée. Sa paisible existence est bouleversée lorsque sa famille, la soupçonnant d’être lesbienne, l’envoie dans un “camp thérapeutique de conversion” où elle remet en question ses sentiments et sa sexualité pour la première fois. Avec la performance de Natasha Lyonne (actrice adorée que l’on retrouve plus tard dans l’un des rôles principaux de la série Orange Is the New Black sur Netflix), But I’m a Cheerleader est une comédie queer haute en couleur apparue sur les écrans à la fin d’une décennie marquée par les rom-com hétéronormatives made in US. Une fable satirique et sucrée, avec également Michelle Williams et RuPaul.
La Revanche d’une blonde de Robert Luketic (2001)
Comment oublier Elle Woods : icône du rose, d’Harvard et d'une génération ? 2001 était l’année de La Revanche d'une blonde, dont on ne se lasse toujours pas aujourd’hui. Bible du style y2k, le film suit la jeune femme partir à la conquête de l’une des écoles de l’Ivy League, motivée par un cœur brisé. La raison de la rupture ? Selon son petit copain, elle pourrait ternir sa future carrière de sénateur. Armée d’une intelligence souvent discréditée et d’une bande d’amies en or, Elle Woods s’éprend les bancs de l’école tout en restant fidèle au sens de la mode qui fait son charme. Elle finit par briller dans une salle d’audience en tant qu’avocate hors-pair.
Le sourire de Mona Lisa de Mike Newell (2003)
En 1953, Katherine Watson (Julia Roberts), une femme libre d’esprit et fraichement diplômée de l’université de Californie, part enseigner l’histoire de l’art dans une école pour filles prestigieuse et profondément conservatrice du Massachussetts. Dès son premier cours, elle réalise que ses brillantes élèves ne voient leur avenir qu’en épouses et mères. Au fil de ses classes suivantes, la jeune professeure apprend à mieux les connaître, elle leur enseigne à penser par elles-mêmes et à mener leur vie comme elles l’entendent. Un Cercle des poètes disparus au féminin.
Lolita malgré moi de Mark Waters (2003)
“Le mercredi, on porte du rose”. Des phrases devenues cultes, comme celle-ci, Lolita malgré moi en regorge. Sorti en 2004, le long-métrage est vite entré dans l’histoire du cinéma, comme œuvre majeure de la mouvance chick flick (en français : “les films de nanas”). Comprendre : des films pensés pour un marché jeune et féminin, où les stéréotypes de la féminité sont tiraillés jusqu’à l’extrême, sans jamais avoir peur ni de la honte, ni de l’échec. Avec Lindsay Lohan dans le rôle-titre, Lolita malgré moi (Mean Girls, en anglais) retrace les premiers pas de la jeune Cady au lycée, empire où les castes sont plus exacerbées que dans l’importe quel autre recoin du monde. Entre les geeks, les marginaux ou les plastiques, les frontières sont loin d’être poreuses, voire complètement infranchissables. Cady s’y essaie pourtant, prête à tout pour provoquer la chute de Regina (terrible reine du lycée interprétée par Rachel McAdams), quitte à y perdre son âme.
LOL (Laughing Out Loud)® de Lisa Azuelos (2009)
“Ma chambre a la forme d’une cage, le soleil passe son bras par la fenêtre…” On s’en souvient comme si c’était hier. Le générique de LOL (Laughing Out Loud)®, ou simplement LOL, s’élançant sur l’air de “Sympathique, je ne veux pas travailler” de Pink Martini, un jour de rentrée scolaire. Tout de suite, on fait la rencontre de Lola, une lycéenne du XVIème arrondissement de Paris, et de sa bande de potes aussi délurée que attachante. Mais l’été est fini et Lola n’a pas le cœur à rire. Arthur, son copain, la provoque en lui disant qu’il l’a trompée pendant les grandes vacances… Sorte de prolongation de La Boum façon années 2010 et langage Internet, le film réalisé par Lisa Azuelos déroule le fil des histoires d’amour et d’amitié de l’adolescente, interprétée par une toute jeune Christa Theret – qui ne reviendra pas dans la suite de la comédie, prévue pour 2026.
Easy A de Will Gluck (2010)
Lorsque Olive Penderghast (Emma Stone) fait croire à sa meilleure amie qu’elle a perdu sa virginité avec un élève d’université, la rumeur se répand comme une traînée de poudre à travers le lycée. Pour ne pas perdre la face, la jeune fille joue le jeu et se construit une forte réputation, qu’elle parfait de tenues plus provocantes greffées d’un A rouge sanglant en référence à La Lettre Écarlate de Nathaniel Hawthorne, qu’elle et ses camarades sont en train d’étudier en classe de littérature. À mesure que son mensonge prend de l’ampleur, elle accepte de laisser se dire qu’elle aurait eu des relations sexuelles avec plusieurs garçons de son établissement en mal de popularité, et se laisse progressivement envahir par le mensonge…
Grave de Julia Ducournau (2016)
Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installée, le bizutage commence pour les premières années et on force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre… Avec une force d’interprétation épatante, la jeune actrice Garance Marillier se révèle en étudiante sanguinolente qui perd ses moyens sur les bancs de la fac, mais pas devant la caméra de Julia Ducournau. Grave est de ces films chocs qui marquent autant qu’ils s’appréhendent, bien que géniaux.
Lady Bird de Greta Gerwig (2017)
Christine McPherson a 17 ans, les cheveux roses et les yeux brillants. Elle se fait appeler Lady Bird (une manière d’évoquer sa liberté à son entourage et au monde), afin de ne pas tomber dans l’ennui ou pire, la banalité. Le fait est que la jeune femme a des rêves pleins la tête. En haut de la liste : partir. Quitter son lycée religieux, ses camarades, sa petite ville de Sacramento pour mener une vie d’artiste bien plus trépidante sur la côte est des États-Unis, à New York. Avec Lady Bird, Greta Gerwig réalise son tout premier film en solo. Il s’agit d’un portrait plein de justesse, de complexités et de contradictions, d’une adolescente (incarnée par la brillante Saoirse Ronan) qui se cherche. Elle dresse un film à la fois drôle, mélancolique et pleinement lucide. Et elle excelle dans le genre. La preuve, son long-métrage a été nommé pas moins de 5 fois aux Oscars de 2018 et remporte la même année le prix de la meilleure comédie aux Golden Globes.
Bottoms d’Emma Seligman (2023)
Avec Bottoms, Emma Seligman (Shiva Baby) prend en confiance derrière la caméra, et s’autorise à progresser de manière significative. Dans cette satire du Fight Club de David Fincher, elle installe son récit sur les bancs d’un lycée américain, où deux amies lesbiennes (les brillantes Rachel Sennott et Ayo Edebiri) fondent un club d’auto-défense pour coucher avec les filles populaires (incarnées par Kaia Gerber et Havana Rose Liu). S’émancipant des carcans de la comédie classique, le film plonge tête baissée dans une fable absurde, pour le plus grand bonheur de son public. À voir et revoir sans modération.
Le Théorème de Marguerite d’Anna Novion (2023)
L’avenir de Marguerite, brillante élève en mathématiques à l’ENS, semble tout tracé. Seule fille de sa promo, elle termine une thèse qu’elle doit exposer devant un parterre de chercheurs. Le jour J, une erreur bouscule ses certitudes et c’est tout son monde qui s’effondre. Contrainte de trouver en urgence un nouveau sujet de thèse, Marguerite décide de tout quitter… Un film de rentrée qui touche le sans-faute grâce à la prestation de son actrice principale, la Franco-Suisse Ella Rumpf, qui reçoit le César de la meilleure révélation féminine.














