Il y a ceux qui arrivent trois heures en avance, ceux qui préfèrent courir jusqu’à la porte, ceux qui veulent passer au duty free et ceux qui surveillent le tableau des départs comme une tour de contrôle. Cet été, ces différences ont trouvé leur concept : l’airport divorce, qui consiste à se séparer temporairement au terminal avant de se retrouver à la porte d’embarquement. Popularisé par le journaliste britannique Huw Oliver du Times, le phénomène s’inscrit dans une nouvelle façon de penser le couple : être ensemble, oui, mais pas nécessairement partout.
Le couple prend ses distances
Le scénario est simple : après le contrôle de sécurité, chacun part de son côté. L’un s’installe au lounge, l’autre arpente les boutiques, chacun gère son temps selon son propre fuseau horaire : pas de rupture, donc, mais une micro-fugue conjugale. Derrière le trait d’humour, le principe répond à une réalité assez banale : nous ne voyageons pas tous de la même manière. L’un anticipe tout, l’autre improvise ; l’un panique à l’idée d’un retard, l’autre ne regarde même pas l’heure. Le stress de l’un pouvant influencer l’humeur de l’autre, prendre quelques mètres de distance peut suffire à éviter que le voyage ne commence par une dispute.
Après le sleep divorce, le holiday divorce ?
L’airport divorce n’est finalement que la dernière déclinaison d’un mouvement plus vaste : celui des couples qui renoncent au tout-à-deux. Après le sleep divorce, qui consiste à dormir séparément pour mieux préserver son sommeil, voici donc le couple qui revendique quelques heures de célibat logistique avant de monter dans le même avion. Une idée qui paraît presque contre-intuitive à l’heure où l’amour se documente en duo, du matching des vacances aux couple content. Mais peut-être que la nouvelle preuve d’intimité consiste précisément à savoir quand ne pas être ensemble. À condition, évidemment, de se retrouver à la bonne porte.


